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Postures de la collaboration intrapersonnelles – Partie 2

Postures de la collaboration intrapersonnelles – Partie 2

Découvrez les 12 postures de la collaboration selon Dynamo dans une série d’articles thématiques : Les origines de ces posturesPostures intrapersonnelles – Partie 1Postures interpersonnelles – Partie 1Postures interpersonnelles – Partie 2Croyances fondamentales

Posture 4 – Agir avec bienveillance

En quoi cette posture favorise-t-elle la collaboration ?

Selon le Petit Robert, la bienveillance est la « capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive ». Agir avec bienveillance nous invite à supposer que les autres ont de bonnes intentions et que leurs idées et opinions peuvent nous enrichir plutôt que nous priver de quelque chose.

Cette posture peut être confrontante, car elle nous amène à identifier nos propres croyances et valeurs et l’importance que nous accordons à nos propres idées. Elle est aussi source de satisfaction, car elle enrichit les échanges et clarifie notre propre pensée.

Pratiquer la bienveillance, c’est aussi savoir s’effacer momentanément pour se rendre disponible pour l’autre, tout en répondant avec soin et respect. Cette posture s’applique également (et surtout) à soi-même : faire preuve d’indulgence, de patience et accepter de n’être « que » ce que nous sommes.


Comment la pratiquer dans mon quotidien ?

La bienveillance se cultive pas à pas. Elle s’exprime dans une écoute sincère, des mots justes, des questions de curiosité, des encouragements ou même un silence réconfortant. Elle invite surtout à rester à l’écoute de nos pensées et émotions face à des propos avec lesquels nous sommes en désaccord.

Pratiquer une écoute attentive et laisser l’autre s’exprimer pleinement.
Poser des questions ouvertes pour mieux comprendre plutôt que pour réagir immédiatement.
Remarquer ses jugements spontanés et les mettre en pause avant de répondre.
Être indulgent·e envers soi-même et accueillir ses erreurs avec bienveillance.
Offrir du soutien et de la reconnaissance aux autres dans leurs réflexions et leurs actions.

Quelles questions se poser pour favoriser la bienveillance ?

Envers l’autre :
Comment puis-je soutenir cette personne dans son raisonnement ?
Comment puis-je mieux comprendre ce qu’elle pense ou ressent ?
Suis-je capable d’écouter sa pensée jusqu’au bout avant d’intervenir ?

Envers soi :
Suis-je en train de me faire des reproches ?
Puis-je me pardonner de ne pas avoir été à la hauteur de mes propres attentes ?
De quoi ai-je besoin pour me sentir bien et comment y répondre avec douceur ?

Adopter une posture bienveillante, c’est cultiver un espace de dialogue plus ouvert et respectueux, tant avec les autres qu’avec soi-même.


Posture 5 – Tolérer l’ambiguïté

En quoi cette posture favorise-t-elle la collaboration ?

Dans une ère qui valorise l’optimisation et la performance, accepter l’incertitude peut être inconfortable. Pourtant, comme le souligne Olivier Hamant[1], à une époque VICA (Volatile, Incertaine, Complexe et Ambiguë), « on ne planifie plus, on se prépare ». Tolérer l’ambiguïté nous permet de mieux capter les signaux faibles de notre environnement pour nous y adapter rapidement.

La collaboration est définie par Dan Sanker comme « une relation complémentaire où les personnes créent collectivement un résultat qui est plus que la somme des apports de chacun »[2]. En abandonnant le contrôle absolu sur les messages, les idées et les résultats, nous ouvrons un espace propice à l’émergence de solutions inattendues. Tolérer l’ambiguïté nous invite à plonger dans l’inconnu et l’enrichissement mutuel, et donc dans ce qui nourrira la collaboration.

Comment la pratiquer au quotidien ?

Le besoin de contrôle découle souvent d’une peur : de perdre le contrôle, de ne pas atteindre ses objectifs, d’être jugé·e ou rejeté·e.

Pour cultiver cette posture :
Laissez du temps avant d’intervenir dans un échange et de partager vos idées.
Restez avec l’inconfort lorsqu’une conversation vous semble chaotique. Respirez et observez.
Observez vos tendances : imposez-vous votre point de vue ou posez-vous des questions ouvertes ?
Interrogez votre peur : que risquez-vous vraiment si vous lâchez prise ?
Aménagez du vide dans votre agenda pour laisser place à l’imprévu.
• Expérimentez : participez à un dialogue de Bohm, une pratique qui explore la pensée collective.

Quelles questions se poser pour favoriser la tolérance à l’ambiguïté ?

Sur quoi ai-je besoin de garder le contrôle ? En quoi est-ce important pour moi ?
Quelle est la nature de ma voix intérieure : alarmiste (« C’est n’importe quoi ! », « Tout ceci ne rime à rien ! »), joueuse (« Je ne comprends pas ce que nous faisons mais amusons-nous ! ») ou inspirée (« J’ai l’intuition que nous touchons un point important dans notre conversation »)?
Comment est-ce que je réagis lorsque je me sens perdue ou que j’ai le sentiment que mes objectifs ne seront pas atteints ?

Apprendre à tolérer l’ambiguïté, c’est accepter que l’inconnu peut être un terreau fertile pour la collaboration et la créativité.

[1] Olivier Hamant, Antidote au culte de la performance, La robustesse du vivant, Gallimard, 2023
[2] Dan Sanker, Collaborate : the art of We, Wiley, 2008


Posture 6 – Faire confiance

Nous terminons cette présentation des postures intrapersonnelles par celle de « Faire confiance » car, un peu comme le fameux anneau de J.R.R. Tolkien, elle est la posture « qui les réunit toutes » !

En quoi cette posture favorise-t-elle la collaboration ?

« Faire confiance » est à la fois la base et le résultat d’un processus collaboratif. Comme le souligne Blomqvist, la confiance entre les différentes personnes impliquées dans un projet est un prérequis incontournable et doit être réciproque.

Chez Dynamo, nous avons constaté que lorsque la confiance est absente dès le départ, la collaboration est plus difficile. Néanmoins, même si elle est présente à un faible niveau, le simple fait de collaborer la nourrit et la fait grandir.

En d’autres mots : « Faire confiance » est un choix que l’on fait et la collaboration contribue à sa solidification.

Comment la pratiquer au quotidien ?

Chaque personne a un rapport très intime avec la confiance. Elle peut être spontanée chez certain·es, fragile et blessée chez d’autres : nos besoins sont différents pour nous sentir en confiance. En début de projet collectif, nous proposons donc systématiquement de cocréer des ententes de collaboration, afin de mettre en commun nos besoins et les règles à établir pour favoriser un climat de confiance.

Si vous souhaitez développer votre confiance, commencez par de petits gestes concrets qui se transformeront en victoire :
• Osez exprimer vos émotions ou vos craintes à une personne significative pour vous.
Demandez du soutien avant de prendre la parole dans un groupe.
• Observez les moments où vous vous êtes senti·e en confiance, identifiez les éléments qui l’ont favorisée. Comment pouvez-vous les reproduire dans des moments où la confiance est absente ?

Quelles questions se poser pour favoriser la confiance ?

Quelle peur m’empêche de m’ouvrir complètement ? Sur quoi est-elle fondée ?
À quoi ressemble une personne à qui je fais facilement confiance ? Quelles sont ses caractéristiques ? Qui s’en rapproche le plus dans ce groupe ?
Quelles questions ai-je besoin de poser pour valider si mes craintes sont justifiées ?

Une légende…

« Un barracuda vivait dans un centre aquatique. Des chercheurs décidèrent de mener une expérience : ils installèrent une vitre au milieu de son bassin. Chaque jour, sa nourriture était déposée de l’autre côté de la vitre. Chaque jour, le barracuda frappait la vitre invisible et n’arrivait pas à atteindre sa nourriture.

Au bout de quelques jours, la vitre fut retirée. Mais le barracuda, convaincu de l’impossibilité d’atteindre sa nourriture, ne tenta plus jamais de nager au-delà de l’espace qu’il croyait restreint et se laissa mourir de faim. »

Et vous ? Quelle « vitre » avez-vous frappée qui vous empêche de faire confiance ? Avez-vous vérifié si elle était encore là ?


À suivre !

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